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Ce n’est qu’un aurevoir...

Ce n’est qu’un aurevoir...
Jill McCaw, directrice des programmes scolaires et coordonnatrice des Fêtes Historica depuis 1995. Mention de source : Deborah Morrison.

 par Tanja Hütter

Alors que la majeure partie des élèves sont en vacances, quelques courageux se sont réunis pendant une semaine au mois de juillet pour participer à la célèbre Fête Historica nationale.

Tout élève qui peut abandonner le bord de la piscine et ses amis pour monter un projet d’histoire dans une salle d’exposition mérite certainement le titre de héro de l’histoire!
Jill McCaw, directrice des programmes scolaires et coordonnatrice des Fêtes Historica depuis 1995, connaît bien ces petits héros. Elle-même peut être qualifiée d’héroïne, compte tenu du nombre d’heures incalculable qu’elle a consacré à cet événement qui incite les jeunes à se dépasser.

Cette année sera sa dernière à titre de directrice, puisque Historica ne sera plus chargée de la supervision des Fêtes, après 15 années de bons et loyaux services. Au cours du mandat de Mme McCaw, plus d’un million d’élèves ont participé aux Fêtes et nombreux sont ceux qui resteront dans ses souvenirs.

Selon Mme McCaw, le point fort des Fêtes, c’est qu’il permet aux élèves de choisir le sujet qui les intéresse le plus.

« Ce n’est pas l’enseignant qui décide que la classe étudiera un explorateur et devra donc monter son projet sur ce sujet. Certains sujets ont la cote, comme l’Arrow de Avro ou l’explosion de Halifax, et ils peuvent être très bien présentés. Mais il y a aussi des histoires plus personnelles, propres à une famille ou à une culture, que les jeunes choisissent de partager avec nous. »

« Nous sommes soufflés, non seulement par le niveau de détails et par le récit, mais par la réflexion menée par ces jeunes, sur leurs origines et sur leur parcours. »

Il y a eu de nombreux projets mémorables. Quelques exemples? Celui d’un élève de l’Î.-P.-É. lui revient à l’esprit. Son projet s’intitulait « Qui a dormi dans ma chambre? » et retraçait, à l’aide d’archives, l’histoire des anciens occupants de sa maison familiale, datant de 150 ans.



Dans un autre projet, réalisé par un élève du Labrador, on nous décrit l’art du tannage à la cervelle, pratiqué par la grand-mère inuite de l’élève. Ce dernier a demandé à sa grand-mère de lui montrer le processus de tannage, ce qu’elle a fait en lui racontant également les histoires de sa famille sur la signification de cet art, établissant par le fait même des liens uniques entre ces deux êtres.

Photo (droite) : Comme l’élève du Labrador qui a étudié sa grand-mère, ce participant de 2009 nous raconte l’histoire du commerce familial des Montague.

Une autre élève, Moriah Russell de Saint John, au Nouveau Brunswick, a choisi de faire son projet sur Mabel Peters, une activiste du début des années 1900 qui a fait la promotion des avantages des terrains de jeux pour les enfants. Ses efforts ont mené à la création du premier programme d’établissement de terrains de jeux de Saint John, en 1906.

En 1920, le Conseil national des femmes du Canada a demandé à des villes comptant plus de deux terrains de jeux d’en nommer au moins un en l’honneur de Mme Peters. Aucun ville ne répondit à cette requête.... jusqu’à ce que Moriah Russel s’en mêle! Elle a récemment écrit au Conseil et, ensemble, ils ont fondé le Mabel Peters Playground en juillet 2009, à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Même si l’idée d’une « foire des sciences », version histoire et patrimoine, a immédiatement été applaudie pour sa créativité, la mettre en pratique n’a pas été de tout repos.

Le recours à des bénévoles motivés est essentiel, et ces derniers ont besoin d’aide et de ressources pour offrir le programme au niveau local. Le programme compte actuellement 1 200 bénévoles. Sans ces personnes, qui supervisent les fêtes locales et provinciales dans leurs communautés, la Fête Historica nationale ne serait pas aussi spectaculaire.


En 1998, les responsables de la Fête Historica ont créé le programme des anciens participants, où on réinvite d’anciens participants de la Fête à agir à titre de mentors et à guider les jeunes recrues. Ils animent les événements, enregistrent des documents vidéo et produisent le cybermagazine relatant les festivités de la semaine. Les anciens participants sont choisis de façon à représenter les différentes régions et pour leurs aptitudes à la rédaction.

L’engagement des jeunes de la localité est essentiel au succès d’une fête.

« Les jeunes ont des opinions... et des opinions valables! affirme Mme McCaw. Les meilleures fêtes sont celles où ils participent à l’organisation et où on leur donne quelque chose à réaliser, plutôt que de jouer un rôle passif ».

Par exemple, à Branch, sur la presqu’île Avalon, un village isolé de Terre Neuve, ce sont des élèves bénévoles qui organisent la fête.
« Les Fêtes Historica sont très amusantes, ajoute Mme McCaw, et j’ai eu de la chance de pouvoir travailler avec tous ces bénévoles de partout au pays. Historica a peut-être donné son nom aux Fêtes, mais ces dernières appartiennent véritablement aux bénévoles. »

 
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