Rapide Blanc

par Pascal Blanchet, published by Drawn and Quarterly, 2007, 156 pages

Reviewed by Phil Koch

10 mai 2010

Les splendeurs et les misères des villes vivant des ressources naturelles suivent un tracé qui nous est maintenant familier et que l’on retrouve un peu partout au pays. Dans Rapide Blanc, un album illustré à saveur historique, le bédéiste primé Pascal Blanchet présente un aperçu intime et amusant de la vie de ces villages et nous explique comment des décisions souvent prises à des milliers de kilomètres des lieux ont à la fois donné naissance à ces villages et mené à leur abandon.

Il a fallu six ans à la Shawinigan Water & Power Company pour bâtir la centrale et le barrage qui ont vu le jour en 1934 sur la rivière Saint-Maurice, ainsi que les « imposantes maisons de briques », les coopératives, les églises, l’école, le club de curling, les courts de tennis que l’on retrouvait dans le village de Rapide-Blanc, au Québec.

« L’élégante petite ville, qui n’avait rien à envier aux quartiers les plus à la mode de Montréal », était au centre des efforts déployés par la compagnie pour attirer les travailleurs dans cette région sauvage et éloignée. Grâce à toutes les commodités modernes qui y étaient transportées par train, à la pente de ski, à la plage, ainsi qu’au vaste territoire de chasse et de pêche à proximité, l’existence des travailleurs et de leurs familles était presque idyllique.

Les illustrations de Blanchet sont un véritable régal pour les yeux et reflètent bien l’optimisme de l’époque, malheureusement de courte durée. Car, comme nous l’avons constaté, ce sont souvent ces mêmes forces de la modernité qui réduisent au silence de petites villes comme Rapide-Blanc.

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