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La prochaine année exceptionnelle pour le Canada

Dans son livre publié en 1997, 1967: The Last Good Year, Pierre Berton se plaignait que le pays avait perdu l’impulsion qui le poussait à entreprendre de grands projets nationaux, susceptibles de rassembler le pays.

Il prétendait que l’année de notre centenaire nous avait donné une raison de rêver lucidement à l’avenir que nous voulions pour nous. Et nous l’avons fait : nous avons créé de nouveaux programmes sociaux, adopté un nouveau drapeau, bâti des centres communautaires, des bibliothèques, des musées et des galeries d’art, et avons tenu la plus grande célébration internationale de notre histoire, l’Expo 67. Mais dans les années qui ont suivi, l’unité politique et la stabilité économique ont pris tellement de place dans les préoccupations des Canadiens que tout nouveau projet d’envergure nationale est devenu pratiquement impossible, concluait-il.

Mais cela remonte à près d’une génération plus tôt, à une époque où quand on parlait de construire des ponts d’un bout à l’autre du pays et de rassembler les Canadiens, c’était exactement ce dont il s’agissait : construire de meilleures routes et organiser des échanges d’étudiants pour combler la distance géographique qui nous séparait.

Aujourd’hui, ces expressions sont plus souvent utilisées au sens figuré, pour parler des divisions démographiques : l’urbain contre le rural, le Nord contre le Sud, et l’écart de possibilités entre les membres des Premières nations et les immigrants et le Canadien moyen. Mais notre confiance en nous, qui a été si profondément ébranlée dans les années 1980 et 1990, revient lentement.

La menace de la séparation Québec s’est dissipée, tandis que notre économie s’est renforcée. Et les Jeux olympiques de Vancouver ont positionné le Canada pour une autre réussite internationale.

L’appel à la célébration n’a jamais été si grand. Et jamais il n’aura été aussi urgent de penser à l’avenir que nous désirons. Il ne reste plus que sept ans avant un nouveau point de ralliement naturel : le cent cinquantième anniversaire du Canada. D’ici là, notre pays marquera aussi le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale, le deux centième anniversaire de la guerre de 1812, et le centième anniversaire du Service canadien des parcs et de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. La combinaison de ces événements fournit un bon prétexte pour organiser une grande célébration qui fera place à notre passé, à notre présent et à notre avenir.

Tout comme en 1967, le gouvernement fédéral se tourne vers les Canadiens pour déterminer la portée des célébrations. Heureusement, beaucoup se souviennent de la course que cela avait été pour être prêts pour 1967 et font déjà des plans. La ville d’Edmonton représente le Canada dans le cadre d’une soumission pour recevoir l’Expo 17. Et en mars, 300 personnes sont attendues à Ottawa pour discuter des façons de souligner 2017.

La Société d’histoire du Canada participe à l’une de ces initiatives extraordinaires, Canada 150. Au cours des sept prochaines années, le groupe, constitué de plus d’une douzaine d’organisations, vise à rassembler et à numériser plus d’un million de « témoignages » de la vie, de la famille et de la communauté, pour créer un recueil sans précédent de renseignements historiques sur le Canada et les gens qui le composent. La beauté de ce projet, c’est qu’il met à contribution les outils mêmes que beaucoup ont craint qu’ils menacent notre mémoire historique et cherche à les mettre à profit pour saisir toute l’information que nous craignions de perdre.

Harry van Bommel, fondateur et directeur général de Canada 150, explique que « l’objectif principal consiste lancer le plus grand projet de collecte d’anecdotes de l’histoire canadienne, qui puisse mettre à profit tous les niveaux d’expertise technique et rédactionnelle que les Canadiens pourront y apporter. »

C’est un projet ambitieux. Les Canadiens pourront télécharger des photos et des vidéos maison dans des albums partagés en ligne. Les mordus de généalogie pourront utiliser le projet pour établir des liens entre des parents éloignés. Les enfants en apprendront davantage sur leur collectivité en aidant à numériser les documents pour les sociétés d’histoire, les archives et les musées locaux. Et finalement, Canada 150 offrira des guides pratiques pour toutes les étapes du processus, de la recherche à la publication des anecdotes.

Les célébrations du centenaire ont eu du succès auprès des Canadiens parce qu’elles ont permis à tous d’y jouer un rôle. Canada 150 adoptera la même approche. Pierre Berton avait raison : cessons les débats déchirants et redécouvrons à quel point nous pouvons faire des choses merveilleuses.

Encourageons nos leaders à regarder assez longtemps au-delà des prochaines élections pour commencer à planifier les festivités.
 

Posté : 2010-03-17 12:44:39 par Joel Ralph | avec 0 commentaires


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