L’affaire « personne »
Cette leçon fait partie de la collection Conjuguer nos histoires au féminin / Investigating the Histories of Women et est conçue pour les élèves de la 10e à la 12e année (secondaire 4 et 5).
En un coup d'œil
En 1927, un groupe de cinq femmes, dirigé par Emily Murphy, la première femme juge de l’Alberta, a lancé une contestation judiciaire contre l’interprétation masculine du terme « personne » par les élus canadiens dans la Loi de 1867 sur l’Amérique du Nord britannique.
Cette lutte, qui a marqué l’histoire des femmes au Canada et aujourd’hui connue sous le nom de l’affaire « personne », a permis à certaines femmes de siéger au Sénat canadien et d’accéder à d’autres postes importants, en plus d’ouvrir la voix aux contestations légales de la constitution. Malgré le succès des revendications des Célèbres cinq, plusieurs personnes ont été exclues des bénéfices apportés par la décision du conseil privé britannique qui a permis aux femmes une plus grande participation dans la vie politique. De plus, la célébration des femmes impliquées dans l’affaire « personne » comme des pionnières féministes est aujourd’hui contestée à cause de leur implication dans les mouvements eugénistes. En étudiant les divers aspects historiques de l’affaire « personne » et de ses conséquences, les élèves engageront leur pensée critique et élargiront leurs connaissances de l’histoire des femmes au Canada.
Questions critiques & pensée historique
⇨ Quel rôle l’affaire « personne » joue-t-elle dans l’histoire des femmes au Canada ? Quelle image de « la femme » évoque-t-elle ?
⇨ Quels sont les résultats de l’exclusion de certaines femmes des bénéfices apportés par l’affaire « personne », et quelles controverses entourent l’héritage des Célèbres cinq ?
Importance historique | Dans cette leçon, les élèves identifieront l’importance historique des luttes féministes du début du XXe siècle à nos jours. Les élèves évalueront si la vie des femmes est meilleure aujourd’hui grâce aux luttes des féministes comme celle des Célèbres cinq. Iels analyseront si la résolution de l’Affaire « personne » a ouvert la voie à toutes les femmes en politique. Les élèves remettront en question l’importance historique accordée aux personnages historiques dits « exceptionnels ». |
Sources primaires | Les élèves évalueront les préjugés et les omissions dans les sources, par exemple des extraits de journaux de cette période historique. Iels apprendront à évaluer quelles voix sont incluses et lesquelles sont omises, et quelles opinions sont mises en avant dans les discussions publiques au sujet du rôle des femmes dans la politique. |
Continuité et changement | Cette leçon porte sur le changement juridique du statut des femmes selon la Loi constitutionnelle de 1867. Cela dit, les Célèbres 5 ne représentent pas la voix de toutes les femmes du Canada. Dans cette leçon, les élèves apprendront quelles voix étaient négligées (femmes autochtones, immigrantes, etc.) et iels étudieront les changements qui se sont produits dans la participation de différents groupes de femmes à la politique au fil du temps. |
Causes et conséquences | Les élèves évalueront de manière critique les raisons ayant menées les Célèbres cinq à se battre au tribunal pour faire reconnaître le statut de la femme comme une « personne » ainsi que les conséquences de cette lutte et du verdict final. |
Perspectives historiques | L’omission des perspectives historiques de plusieurs groupes de femmes signifie que la compréhension qu’a la société de l’affaire « personne » en particulier, mais aussi du droit et du statut juridique de plusieurs groupes de femmes, est nettement limitée. En mettant en évidence la perspective historique de ces groupes de femmes, les élèves seront en mesure de mieux comprendre les luttes et les problèmes sociétaux qui perdurent. |
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Nous exprimons notre reconnaissance envers Histoire Canada, le Réseau ontarien d’histoire des femmes, le projet de recherche Penser historiquement — Pour l’avenir du Canada, la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et le CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) pour leur précieux soutien. Nous remercions également les Presses de l’Université McGill-Queen’s de nous avoir permis d’utiliser du contenu tiré de l’ouvrage original Framing Our Past (2001).
