Transcription textuelle de la vidéo Les Basques : Retourner à la terre

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Trois-Pistoles est une petite ville coquette située au bord du majestueux Saint-Laurent dans le compté de Rivière-Du-Loup.

Dominée au sud par une chaine de collines ondulante, parsemée de forets, de lacs et de rivières, elle est l’antichambre de ce paradis tant recherché par les chasseurs et pêcheurs.

On y va ? On y va! Ça roule, ça tourne… Ok, alors est-ce que tu pourrais te présenter s’il vous plait.

Oui, Maurice Vaney, Qu’est-ce que je dois dire d’autre?

Est-ce que tu viens de Trois-Pistoles ?

Non, non je ne viens pas de Trois-Pistoles. Je suis arrivé en 1974 ici, comme je te dis c’était vraiment par hasard, je n’avais pas vraiment l’intention de m’établir ici du tout.

J’étais parti comme à l’époque beaucoup de gens faisaient une espèce de retour à la terre et donc je faisais partie de ce mouvement-là. Je suis arrivé ici ayant toujours ce projet de m’établir en campagne, pour prendre racine quelque part et peut-être pour écouter les oiseaux aussi.

Puis finalement, j’ai rencontré des gens, et deux jours après j’ai acheté une terre ici. Ça s’est fait très rapidement, c’est ce qu’on appelle, je pense, un coup de foudre pour la région.

Donc mon idée c’était de repartir un peu la terre et de faire du jardinage biologique, de voir s’il n’y avait pas un projet ici qui pouvait me permettre de m’autosuffire à partir de cet endroit-là.

On voulait partir de l’ail, une production d’ail en 1974, ce n’était pas connu. On s’est lancés là-dedans comme des gens de la ville, c’est-à-dire qu’on a planté de l’ail sans laisser la terre en jachère alors l’ail n’a pas poussé ben ben.

Donc c’est une série d’échecs qui nous amène à nous repositionner, puis dire : « Bon, je vais peut-être juste me concentrer sur des choses que je peux faire moi-même. »

À la naissance du patelin, la chasse et la pêche fournissaient aux pionniers des moyens de subsistance, des générations ont travaillé à la coupe du bois et au défrichement pour ouvrir la voie à l’agriculture et éventuellement à l’industrie.

Depuis, la vie économique a beaucoup changé à Trois-Pistoles. Le commerce est florissant et l’agriculture est devenue l’affaire de cultivateurs progressistes.

Bon, d’abord, tu n’es pas anonyme.

Quand tu vis ici, tu n’es pas dans l’anonymat, donc il faut comme apprendre à rentrer en contact avec des gens que tu ne connaissais pas, qui ne te connaissent pas. J’ai pas un nom local, donc déjà il y a un apprentissage pour te faire accepter.

À l’époque, j’avais les cheveux longs en plus, alors donc ce n’était pas très commun dans ce coin-ci. Ça m’a appris à comment m’immiscer dans un milieu, à trouver une façon de se rendre utile, te rendre solidaire à des causes qui pouvaient exister ici.

Quand on est arrivé, pas à Trois-Pistoles même, mais autour, c’était la fermeture des villages, la lutte contre la fermeture des villes et villages venait de… Donc il y avait tout ce mouvement de solidarité qui se développait, donc tu apprends à… C’est ça, à t’intégrer dans un milieu.

Et j’ai fait ça pas mal toute ma vie d’ailleurs, mais s’intégrer dans un milieu rural, c’était la première fois que j’essayais ça.

[Musique]

Ce qui se passe aujourd’hui, par rapport à l’arrivée de nouvelles personnes, par rapport à l’époque où moi je suis arrivé, puis avec d’autres aussi, nous on était vraiment plus centrés sur le retour à la terre, alors qu’aujourd’hui c’est plus se trouver un endroit où être bien, où se développer ce n’est plus nécessairement orienté vers les deux pieds dans la terre.

C’est plus se trouver une ambiance, se trouver un milieu de vie qui permet de s’éloigner de la course folle que le système veut nous imposer.

Moi je le perçois comme ça, quand je parle à des personnes qui viennent d’arriver, je ne sens pas nécessairement que c’est pour cultiver la terre, c’est plus pour se retrouver soi-même, puis se trouver un milieu de vie puis une façon de vivre qui correspond à une éthique différente que celle du système de productivité et de consommation dans lequel on est là.

Donc ça aussi, c’est intéressant, parce que beaucoup arrivent ici et regardent, puis ils se partent des projets, donc où ces projets-là vont aller, jusqu’où ça va survivre tout ça ?

Donc il y a des graines de semence partout, puis on regarde ça aller avec beaucoup d’intérêt.

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