Transcription Natasha Camacho

Mon projet a eu lieu au mois de février de l'année dernière. C'était durant le Mois de l'histoire des Noirs et je voulais exposer mes élèves à des individus de descendance africaine de la Nouvelle-Écosse, du présent ou du passé.

J'ai littéralement fait un « google », j'ai regardé qui était le premier docteur noir en Nouvelle-Écosse et je suis tombé sur le docteur Clément Ligoure. Quand j'ai lu à son sujet, je ne pouvais pas croire que je n'avais jamais entendu parler de lui. J'en ai parlé à mes collègues. J'en ai parlé à mes amis.

Personne n'avait jamais entendu parler de lui. Non seulement était-il premier docteur noir en Nouvelle-Écosse, mais aussi quand l'explosion de Halifax a eu lieu, à l’endroit où il habitait, il avait une clinique dans sa maison. Dans l'ouest d’Halifax, il était le seul docteur, dans cette région-là. Plusieurs personnes sont venues.

Ceux qui n’ont pas pu être aidés par les hôpitaux sont venus à lui. Il y avait des gens qui dormaient dans sa cuisine. Sa clinique était remplie. Il y a travaillé sans arrêt pendant trois semaines. Juste après l'explosion de Halifax, il y a eu une énorme tempête de neige. Il est même sorti dans la tempête de neige pour essayer d'aider le monde. Il a été à la Ville et a demandé pour avoir de l'aide.

Finalement, après quelques jours, la Ville lui a donné deux infirmières pour venir l'aider, mais c'était vraiment lui qui a fait un énorme travail. Moi je l'ai vu comme un héros de l'explosion d’Halifax. C'est comme ça que je l’ai introduit à mes élèves. On a discuté du fait que c'est peut-être un personnage que les amis de l'école devraient avoir la chance de connaître.

Alors mes élèves ont écrit des faits à son sujet. On a fait une vidéo qui a été présentée lors d’une assemblée virtuelle à l'école. On a aussi fait une petite recherche et on a réalisé que sa maison et sa clinique étaient très près de l'école. Les élèves ont trouvé ça vraiment intéressant. On a utilisé Google Maps, puis Street View, pour qu’ils aient la chance de voir sa maison. On a partagé cette information-là avec les familles.

Il y a plusieurs familles qui ont pris le temps de passer devant la maison — parce que la maison est encore là. Les élèves revenaient à l'école et disaient : « Madame ! J'ai vu sa maison ! » On a discuté du fait que nos amis ne connaissaient pas le Dr Ligoure, nos parents ne le connaissaient pas. On voulait qu’encore plus de personnes en apprennent à son sujet. On a écrit une lettre au maire et la lettre a été écrite par les enfants.

C'était sur du grand papier. Ils ont écrit avec un marqueur. Chaque enfant a eu la chance d'écrire quelques mots dans la lettre et c'était dans leurs mots — l'importance du rôle du Dr Ligoure. On voulait qu'il y ait une reconnaissance sur sa maison — une plaque ou quelque chose — qui donnerait la chance à tout le monde qui vient à Halifax, non seulement les gens qui habitent Halifax, mais tous les touristes d'en apprendre à son sujet. 

Mes élèves ont aussi fait des dessins pour montrer ce à quoi la plaque pourrait avoir l'air. Quand ils faisaient leurs dessins, il y avait un petit garçon dans ma classe… Il y avait beaucoup de docteurs avec des cœurs, des lits, des gens qui dormaient dans sa cuisine, dans sa maison.

Il y avait un petit garçon qui avait fait un dessin avec une cape et ça disait « SH ». J'ai eu un moment où je ne comprenais pas. Je lui ai demandé : qu'est-ce que ça veut dire « SH » ? Et il a dit : « Madame, c'est parce qu’il est un super héros ! »  C'est vraiment venu de lui. Une fois que lui a dit ça à voix haute, il y a plusieurs enfants qui ont aussi ajouté des capes dans leur dessin.

Les enfants le voyaient vraiment comme un héros et ils étaient excessivement fiers de pouvoir présenter ce héros-là à tout le monde. Même s’ils ont seulement six ou sept ans, ils se sont vraiment sentis comme s’ils ont fait une différence. Ils étaient excessivement fiers surtout d'avoir… On a eu une réponse du maire disant que l'information qu'on avait partagée avec lui était passée à un comité qui travaille sur des maisons historiques de descendance africaine afin qu’elles aient une reconnaissance.

Les enfants se sont sentis vraiment fiers… Parce qu'on a eu besoin aussi d'apprendre : qu'est-ce que c'est un maire ? Parce que pour eux, ils n’avaient jamais réalisé ce côté-là de la politique. De savoir que quelqu'un dans une position aussi haute que ça a pris le temps de leur écrire, ils se sont sentis vraiment fiers, puis vraiment spéciaux.

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