Transcription François D. & Véronique P.

François Desmarais, enseignant d'histoire de 3e secondaire à l'école secondaire de Mortagne à Boucherville. Véronique Picard, enseignante de 3e secondaire en arts plastiques à l'école de Mortagne à Boucherville.

Notre projet s'intitule Tissés serrés. C'est une comédie musicale à saveur historique qui a été créée avec les élèves en partenariat avec deux artistes professionnels Marc Angers, violoniste reconnu ainsi qu'Alexandre Belliard qui est un auteur-compositeur-interprète qui chante l'histoire du Québec et qui a été présenté ici même sur scène devant 1 800 personnes lors de trois représentations. Donc voilà, et la pièce de théâtre va de Jacques Cartier jusqu'aux Rébellions des Patriotes et l'Acte d'Union en 1840. Grosso modo, c'était sept chansons déjà composées par Alexandre Belliard, chantées par nos élèves et en plus bien sûr, on a ajouté la chanson Pierre Boucher l'idéaliste, mais aussi une autre chanson, une composition pour la finale de la pièce qui comprend des élèves d'un peu partout dans le monde qui sont en francisation, qui étaient avec nous dans la pièce.

Donc des élèves du général, mais aussi des élèves de la francisation. Au total, on parle d'environ 135 élèves qui ont travaillé de proche ou de loin à cette réalisation-là et ça a été une année entière de travail assez ardu et le résultat a été extraordinaire. Notre projet a vraiment eu un impact extraordinaire au niveau de l'histoire, mais en même temps, on a développé un lien extraordinaire auprès des élèves. Il y a de nouvelles amitiés qui se sont créées. Il y a des liens privilégiés entre certains élèves qui ont pris naissance. De plus, ils ont eu aussi un sentiment d'accomplissement de partir de zéro à terminer à la fin une pièce qu’ils ont présentée devant leurs pairs, mais aussi devant la population, des gens importants de Boucherville.

Ça leur a créé un sentiment vraiment important, de fierté et vraiment de projet d'accomplissement pour eux - vraiment de soi. Au-delà de tout ça, ces élèves-là, c'est un lien qui va rester toujours avec eux. On les revoit encore, ils viennent nous parler, ils viennent discuter avec nous. C'est une année qu’ils n’ont pas vu passer du tout du tout. Ils nous disent que leur secondaire 3 habituellement c'est ardu, c'est difficile. C'est là que certains élèves vont avoir plus de difficultés, qui vont plus décrocher. Là, ils étaient avec nous puis on les a sentis vraiment dans l'école, dans l'esprit de l'école, la fierté d'être à de Mortagne. Je peux dire qu’au départ l'enseignement que je faisais en classe ne faisait pas vraiment allusion à la méthode historique. Je ne l'utilisais pas vraiment. Je rapportais des faits, j'enseignais avec des connaissances.

Mais lorsqu'en 2003 environ, j'ai entendu parler du projet lancé par Historica Canada, je me suis dit "Ah tiens, voici l'occasion d'apprendre." Je peux dire qu'après 33 ans d'ancienneté ou d'enseignement en histoire, je commence à être satisfait de ce que je fais. Je commence à apprécier ce que je fais. Ça a pris toutes ces années avant de réaliser que ben au final, il faut vraiment, mais vraiment que les élèves eux-mêmes participent à leur apprentissage. On a beau être l'enseignant, mais c'est eux qui apprennent. Donc pour apprendre, il faut qu'ils investissent dans leur apprentissage et non pas à nous de tout faire pour le mettre dans leur tête. Faut que ça vienne beaucoup d'eux, mais ça c'est par notre organisation. Il est primordial que les jeunes et moins jeunes s'intéressent à l'histoire, car c'est ce qui nous entoure.

Le passé oriente beaucoup le présent et l'avenir. Nos jeunes actuellement, ce sont nos bâtisseurs de demain. Alors ils ont besoin de cette assise, de cette base, de cette base de connaissances, mais de compréhension de l'histoire. L'objectif n'est pas seulement de connaître, mais aussi d'y arriver, d'arriver à avoir ses opinions, d'arriver à avoir ses orientations. Et je pense qu'au secondaire, à l'âge qu'ils ont, alors qu'ils sont adolescents, nos jeunes ont tout à gagner à bien comprendre l'histoire, à bien comprendre comment travailler l'histoire. Évidemment, à tous les âges, on fait de l'histoire et on apprend à tous les âges, on découvre que ah finalement ce que j'avais appris autrefois, c'est de ça qu'il était question.

Mais tout se bâtit à mon avis beaucoup beaucoup à l'adolescence. C'est important de comprendre ce qui s'est passé avant, de comprendre peut-être les erreurs qui se sont passées avant pour qu’en société, on s'accepte plus, qu'on ait une ouverture d'esprit sur les gens du Québec d'aujourd'hui, du Canada d'aujourd'hui. Si on peut comprendre d'où l'autre arrive, on peut comprendre sa façon de voir, sa façon de croire, ses croyances, sa façon d'agir. Puis c'est comme ça qu'on fait une société qui va être beaucoup plus forte et beaucoup plus,, qui va beaucoup plus accepter la différence. Un enseignement de cette façon va former un citoyen plus ouvert, plus près du monde dans lequel on vit et dans lequel on vivra. Parce que le multiculturalisme et l'intergénérationalité et la divergence d'opinion et de personnalité, ben c'est très présent et ça le sera davantage. Oui, dans un Canada d'aujourd'hui et de demain, je pense qu'enseigner l'histoire, c'est hyper important et de l'étudier davantage.

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