Transcription textuelle de la vidéo Les Basques : Prendre part à la culture

Alors, es-tu prête ?

Oui !

Parfait, alors, est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Soraïda Caron. Je m’appelle Wina Forget, j’ai 31 ans, je suis à Trois-Pistoles depuis 1 an.

Je suis chorégraphe, interprète et professeure de danse en danse contemporaine.

Je travaille principalement dans le milieu culturel, en théâtre surtout, et je suis impliquée dans les organismes culturels de la région.

Ce que je trouve qui est important, pour moi, là-dedans, c’est vraiment de faire connaître cette discipline-là qui était méconnue. Les premiers projets que j’ai commencés à faire, c’était des projets avec les gens d’ici, donc c’était des non-danseurs, des gens qui étaient attirés par le mouvement, attirés par la scène.

Là, pour moi, j’étais vraiment en train de faire — sans vraiment le savoir — de la médiation culturelle. J’étais en train de travailler avec des corps qui ne sont pas entraînés, qui connaissent la scène, mais d’une façon différente que par la danse. Ces non-danseurs-là devenaient des ambassadeurs de la danse contemporaine, parce que quand on a présenté le show, et bien c’est leurs amis qui viennent voir.

Et tout d’un coup, la danse contemporaine c’est quelque chose qui devient accessible, c’est pas juste « woaaaaah ». Il y a un lien familial qui s’est développé avec cette discipline-là, de par le fait qu’il y a eu cette intégration-là.

J’ai l’impression de faire quelque chose pour ma discipline. Oui, je la fais, ce qui est déjà ça, mais de l’ancrer dans un lieu où elle n’existait pas, c’est du rayonnement. J’ai l’impression de faire ma part pour la danse comme elle, elle fait sa part pour moi.

Il y a vraiment une tradition très très forte des arts vivants ici, entre autres ce qui a été amené par le festival du Rendez-vous des grandes gueules, qui est ici depuis 25 ans.

Mais aussi avant, il y avait Victor Lévy-Beaulieu. Le fait qu’il ait fait du théâtre, de la télévision et qu’il ait écrit des livres dans les Basques depuis les années 60, ça crée quand même une culture et une tradition.

Ça fait que dans une ville où il y a 3300 habitants, les gens sont friands d’art contemporain, ils apprécient découvrir toutes sortes de créations.

Bienvenue au 5 à 7 d’ouverture de la 2e édition du Marathon de la création !

Le Marathon de la création, c’est en fait un festival qui invite 5 artistes de la région du Bas-Saint-Laurent, toutes disciplines confondues, à venir passer 2 jours de résidence à Trois-Pistoles dans 5 lieux différents.

Le jour où ils arrivent, c’est le tirage au sort de leur lieu, et ils s’en vont le lendemain dans leur lieu faire leurs deux jours de création.

Ensuite, la deuxième journée, moi j’appelle ça la marche des présentations, donc avec le public. On se rejoint et l'on marche les lieux pour aller voir le résultat des recherches. Et moi c’est merveilleux ce moment-là, parce que quand on part pour le deuxième endroit, il y a la discussion sur l’art, sur qu’est-ce qu’il vient de se passer, et ça, je trouve ça le fun.

Dans la marche, marcher Trois-Pistoles, descendre le quai, il y a l’appropriation du territoire, l’appropriation de l’art, de nos artistes sur le territoire.

On ne recommencera rien, car faire société, c’est nécessairement faire mal. Les arbres n’ont pas de pays, ni d’état, ni de nation ou de parlement.

Nous serons donc des arbres, ensemble nous ferons forêt.

Donc j’ai proposé de faire une performance qui s’appelle « Sous éclats bleu mer ». Ça va être en partie une installation que je vais faire avec des matériaux réutilisés et récupérés et des végétaux du terrain, donc de mon environnement, et à l’intérieur de cette installation je vais faire une performance qui va être comme un rituel pour célébrer la beauté du monde malgré la laideur du monde.

Je suis une camomille en feu, je suis un hippocampe de guerre, je suis une luciole sanglante, une poupée de chiffon bourrée d’explosifs, je tangue au rythme de l’effondrement du monde.

Les arts, c’est vraiment ancré dans la tradition des gens d’ici, puis il y a des belles choses qui se font, puis moi je n’arrive pas ici avec mes gros sabots en me disant que je viens donner un accès à l’art aux gens, je viens apporter la culture aux gens de régions, parce que ça fait 60 ans qu’ils ont accès à la culture.

Mais c’est d’autant plus intéressant parce que les gens sont ouverts et sont contents qu’il y ait encore plus de culture, plus de dynamisme, etc.

Plus tu es confronté à d’autres cultures, plus tu es confronté avec d’autres gens, d’autres formes d’art, d’autres toutes, je pense que c’est ça qui ouvre les perceptions. Alors oui, moi ce métissage-là j’en rêve tu sais, d’avoir des artistes de toutes les nations qui viennent à Trois-Pistoles, parce que c’est dans le mélange que les nouvelles affaires peuvent émerger.

Alors non non, venez en gang, arrivez par bateau, les maisons ne sont pas chères, bienvenue ! C’est vraiment mon cri du cœur.

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