9 inventions mémorables

C’est bien connu, les Canadiens ont produit bon nombre d’inventions remarquables. Ces inventions ont facilité la vie des gens, non seulement ici, mais sur toute la planète... et même plus loin !

Écrit par Michelle Mulder

29 octobre 2018

L’Insuline

As-tu remercié ton pancréas récemment ? Cet organe est situé derrière ton estomac. Il fabrique de l’insuline qui t’aide à emmagasiner et à utiliser le sucre provenant de ta nourriture.

Les problèmes liés à l’insuline entraînent le diabète. Il y a cent ans, il n’existait pas de traitement efficace contre cette maladie. La seule issue était le coma... et la mort.

Puis, en 1921, le Dr Frederick Banting, d’Alliston (Ontario), et Charles Best, de West Pembroke (Maine), ont commencé à travailler ensemble à l’Université de Toronto. Ils cherchaient un moyen de se servir de l’insuline pour traiter les diabétiques. Le Dr Banting se disait qu’il était sûrement possible d’extraire de l’insuline du pancréas et de l’injecter aux malades. Ils ont commencé avec des chiens diabétiques.

Résultat : baisse du niveau de sucre dans le sang des chiens. Les deux chercheurs ont alors injecté de l’insuline à des humains, avec succès ! Bientôt, des malades de partout ont afflué vers Toronto pour essayer ce « traitement miracle ». Aujourd’hui, l’insuline aide des millions de personnes dans le monde entier.

Le Canadarm

Imagine-toi en train de faire le tour de la Terre dans une navette spatiale… Tu vois dehors un objet brillant et étrange. Tu aimerais bien aller le chercher, mais à cause de l’absence de gravité, tout ce que tu veux prendre s’éloigne dès que tu y touches !

Jusqu’en 1981, ce problème était une source constante de frustration pour les astronautes de la NASA. Cette année-là, un groupe d’ingénieurs canadiens de Brampton (Ontario) a finalisé un instrument tout à fait extraordinaire : le Canadarm. Ce « bras » robotique de 15 mètres, fixé à une navette, se déplie pour lancer des objets dans l’espace ou les récupérer. Les astronautes le manipulent à distance, à l’aide de télécommandes.

Le Canadarm a participé à plus de 50 missions. Il a effectué diverses tâches, depuis la récupération de satellites jusqu’à la construction de la Station spatiale internationale, en passant par la réparation du télescope Hubble.

Le rouleau à peinture

Peindre tout un immeuble avec un pinceau, c’était très long. Mais en 1940, Norman Breakey, de Toronto (Ontario), a inventé un rouleau très simple et très efficace. Il a glissé un cylindre de matériau absorbant sur un manche, trempé le cylindre dans la peinture et étendu de la couleur sur les murs en un temps record.

Breakey n’a jamais réussi à produire suffisamment de rouleaux pour gagner beaucoup d’argent, et il n’avait pas assez de fonds pour faire breveter son invention. D’autres personnes se sont inspirées de son idée, y ont apporté quelques changements et ont fait breveter le rouleau à peinture comme s’il s’agissait de leur propre invention.

Le rouleau a connu un succès immédiat, parce qu’il était efficace et facile à utiliser, et aussi parce que la Seconde Guerre mondiale avait entraîné une pénurie de pinceaux ! Avant longtemps, des peintres de partout au Canada et aux États-Unis ont commencé à se servir des rouleaux à peinture, mais Breakey est mort sans avoir reçu un cent pour son idée.

La vis Robertson

Les vis de métal, qui servent à assembler deux objets, existent depuis des centaines d’années. Mais il y en a de meilleures que d’autres !

En 1908, un vendeur d’outils du nom de Peter L. Robertson, de Milford (Ontario), s’est blessé à la main en se servant d’une vis et d’un tournevis ordinaire, à tête fendue. Il a alors eu l’idée d’un nouveau type de vis, à tête carrée.

C’était une grande amélioration. Grâce au trou carré percé dans la tête de la vis, le tournevis glissait beaucoup moins.

Et le vissage devenait nettement plus facile et plus rapide. Dans l’industrie de la construction, tout le monde a adopté avec enthousiasme cette nouvelle « vis Robertson ». (Évidemment, Robertson a aussi inventé le tournevis Robertson pour aller avec sa vis !)

Le stimulateur cardiaque

T’es-tu déjà demandé comment les médecins peuvent faire une chirurgie sur un coeur qui bat ? Le truc, c’est de ralentir le battement de ce coeur. Dans les années 1940, les médecins le faisaient en appliquant un froid intense, mais ils ne savaient pas très bien quoi faire si le coeur s’arrêtait complètement !

Heureusement, l’ingénieur en électricité John Hopps, de Winnipeg, a découvert qu’il était possible de faire redémarrer, par des moyens mécaniques ou électriques, un coeur qui avait cessé de battre. En 1950, il a mis au point le premier stimulateur cardiaque au monde. Cet appareil envoie des impulsions électriques pour faire battre le coeur.

Le stimulateur de Hopps utilisait des tubes à vide pour créer ces impulsions. L’appareil devait cependant être branché pour fonctionner. En outre, il était trop gros pour être installé à l’intérieur du corps humain. Plus tard, on a utilisé des transistors et des piles pour réduire ses dimensions.

De nos jours, les stimulateurs cardiaques ne sont pas plus gros qu’une pièce de 25 cents. On les implante dans la poitrine des malades.

Le four électrique

À une époque où tous les fours étaient chauffés au bois ou au gaz, Thomas Ahearn a étonné le monde en « enchaînant l’électricité » pour faire cuire un repas ! Copropriétaire d’une entreprise d’électricité à Ottawa (Ontario), il était très intéressé à promouvoir cette nouvelle forme d’énergie.

En 1892, son four électrique était révolutionnaire. Fait de briques, il mesurait près de deux mètres de haut et autant de large. Deux radiateurs électriques fournissaient une chaleur constante, et de petites fenêtres permettaient de surveiller les aliments à l’intérieur.

Le premier repas préparé dans ce four a été servi à l’hôtel Windsor, à Ottawa, à des gens de la haute société. Il comportait 21 plats, de la truite aux pâtisseries aux fraises. Les invités ont été tellement impressionnés que l’hôtel a aussitôt commandé un four électrique pour son propre usage.

Avec le temps, le monde entier a adopté le four électrique, tant pour sa facilité d’utilisation que pour sa chaleur sèche et uniforme, idéale pour la pâtisserie et le rôtissage.

Blackberry

Mike Lazaridis, un Canadien d’origine turque élevé à Windsor (Ontario), a toujours adoré la technologie. Enfant, il démontait et remontait des radios, des téléphones et d’autres appareils pour comprendre leur fonctionnement. À l’école secondaire, il a construit son propre ordinateur !

À la fin des années 1990, une fois adulte, Lazaridis a inventé un appareil portatif sans fil permettant de faire des appels téléphoniques, d’envoyer et de recevoir des courriels, et de naviguer sur Internet. Au début, il voulait appeler cet appareil le « StrawBerry » (fraise), parce que les touches du clavier ressemblaient aux graines de ce fruit. Mais, finalement, il a opté pour la mûre (BlackBerry).

Le BlackBerry aide aujourd’hui des gens du monde entier à communiquer rapidement sans devoir être branchés. Il a aussi démontré son efficacité dans des situations d’urgence, en cas de pannes de téléphone ou d’électricité. En 2008, BlackBerry a compté 14 millions d'utilisateurs. Voilà une invention populaire !

La corne de brume

Comment un navire peut-il éviter les obstacles si le capitaine et l’équipage ne voient rien ? Là où il y a souvent du brouillard, comme à Saint John (Nouveau-Brunswick), cela posait un problème jusqu’à ce que Robert Foulis invente la corne de brume à vapeur. Comme dans une bouilloire, de la vapeur comprimée y produit un sifflement sonore en traversant un long tuyau.

Foulis a mis six ans pour convaincre la commission des phares de Saint John d’installer sa corne de brume dans l’île Partridge, non loin de la ville. Ce fut fait en 1859. Peu après, on a commencé à construire des cornes de brume dans d’autres ports où le brouillard était fréquent. Foulis n’avait pas fait breveter son invention, et il est mort dans la pauvreté en 1866. Mais sa corne de brume à vapeur est demeurée essentielle pendant plus d’un siècle, jusqu’à l’apparition des appareils électroniques.

Cet article est paru dans le numéro été 2011 du magazine Kayak: Navigue dans l'histoire du Canada.

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