Porteurs de progrès

Des Canadiens qui ont changé le monde.

Écrit par Kaitlin Vitt

15 mai 2019

C’est peut-être à cause de notre humilité ou parce que nous ne nous rendons pas compte de tout ce que nous avons accompli, mais nous, les Canadiens et Canadiennes, avons tendance à négliger l’importante contribution que nous avons apportée au monde, que ce soit dans les sciences ou dans d’autres domaines. Il va sans dire que le Canada a une myriade d’innovations — et d’innovateurs — à célébrer.

Voici quelques innovateurs reconnus par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada pour leur contribution à l’histoire de notre pays.

Tahayren

Tahayren, ou Charles Edenshaw, est l’un des tout premiers artistes professionnels haïdas. Ses oeuvres comprennent des mâts totémiques, des bijoux et des sculptures qui racontent des histoires liées à sa culture. En 1971, la Commission a désigné Tahayren personnage historique national, précisant qu’il « occupait la première place parmi les sculpteurs haïdas à l'époque où leur art fut reconnu à l'extérieur du pays ».

Né en 1839 à Skidegate, dans l’archipel Haida Gwaii au large de la côte ouest de la Colombie-Britannique, Tahayren s’initie à la sculpture traditionnelle auprès de son oncle et son art est profondément enraciné dans la culture et les rituels haïdas. Sa carrière artistique professionnelle prend son envol quand des anthropologues et des collectionneurs commencent à s’intéresser à ses oeuvres.

Selon la Commission, ses oeuvres en roche compacte et en argent, qui dénotent un style personnel et moderne, couvrent l’éventail de l’art traditionnel haïda. L’artiste travaillait également le bois et l’ivoire, et sa femme Isabella tissait des paniers et des chapeaux qu’il peignait. Les oeuvres de Tahayren ont influencé d’autres artistes, notamment ses arrière-petits-fils Reg et Robert Davidson et son arrière-petit-neveu Bill Reid. Tahayren est mort en 1920 à Masset, dans l’archipel Haida Gwaii. Ses oeuvres sont exposées dans plusieurs musées à travers le monde.

E. Cora Hind

En plus d’être considérée comme la première femme journaliste de l’Ouest canadien, la Torontoise de naissance E. Cora Hind milite pour les droits des femmes et devient, en 1904, la première présidente du Canadian Women’s Press Club. Dix ans plus tard, elle fait partie du « parlement bouffe » du Manitoba pour le vote des femmes. La Commission l’a désignée personnage historique national en 1997, pour son travail, son influence et son héritage, précisant qu’elle « milita avec passion en faveur de réformes politiques et sociales, notamment pour le droit de vote des femmes et pour la tempérance ».

Après avoir échoué à son examen d’agrément comme enseignante, Hind déménage à Winnipeg en 1882, à l’âge de 22 ans, pour amorcer une carrière journalistique, mais sa demande d’emploi au journal Manitoba Free Press (aujourd’hui le Winnipeg Free Press) est rejetée. Hind décide alors d’apprendre la dactylographie et travaille comme sténographe. En 1893, elle ouvre sa propre entreprise de sténographie, tout en présentant des articles sur l’agriculture au journal Free Press. En 1901, le nouveau rédacteur en chef du Free Press, John W. Dafoe, l’embauche comme rédactrice dans la section agriculture.

Hind est réputée pour la justesse de ses prévisions sur le rendement des cultures de blé. À l’âge de 70 ans, elle voyage à l’étranger et écrit Seeing for Myself (1937) et My Travels and Findings (1939), des ouvrages consacrés aux pratiques agricoles qu’elle observe dans divers pays. Elle travaille pour le Free Press jusqu’à sa mort, en 1942, à l’âge de 81 ans.

Julia Catherine Hart

À l’âge de 28 ans, Julia Catherine (Beckwith) Hart est la première personne née dans ce qui est aujourd’hui le Canada à publier un roman, St. Ursula’s Convent or The Nun of Canada. Encore plus impressionnant, elle écrit ce livre au jeune âge de 19 ans.

Née à Fredericton en 1796, Hart rend visite, durant son enfance, à la famille anglophone de son père, au Nouveau-Brunswick, et à la famille francophone de sa mère, au Québec. Ce respect pour les deux cultures est un thème qui ressort dans son roman. Rédigé dans un style romantique, St. Ursula’s Convent raconte l’histoire de deux couventines et leurs péripéties, notamment leurs aventures en Angleterre et en haute mer. La publication de ce roman est un évènement marquant de l’histoire canadienne et, en 1951, son auteure est désignée personnage historique national par la Commission.

Hart passe sa vie à Kingston, en Ontario, et à Rochester, dans l’État de New York, aux côtés de son mari, un relieur. Elle écrit un deuxième livre, Tonnewonte or The Adopted Son of America, à Rochester, avant de revenir vivre à Fredericton. De retour chez elle, elle travaille également pour un journal et achève le manuscrit de son troisième roman qui ne sera jamais publié, en plus d’élever ses six enfants. Elle s’éteint en 1867.

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