Pour une vraie réconciliation

Les élèves se pencheront sur les pertes culturelles et personnelles des enfants lors de leur passage dans les pensionnats. Ils formuleront leurs propres idées sur la réconciliation et l’action communautaire.

Créé par Lynn Rainboth et Danielle Fontaine

Mis en ligne le 8 septembre 2022

APERÇU

Cette leçon correspond aux articles « Un parcours à ne pas oublier » et « Vers une vraie réconciliation » de la publication Souvenons-nous des enfants. Cette leçon peut être adaptée à des élèves plus jeunes, qui liront Quand j’avais huit ans par Christy Jordan-Fenton et Margaret Pokiak Fenton.

Les élèves se pencheront sur les pertes culturelles et personnelles des enfants lors de leur passage dans les pensionnats. Ils formuleront leurs propres idées sur la réconciliation et l’action communautaire.

ACTIVITÉS

Étape 1. Introduction et réflexion

Option 1: En classe, lisez l’article « Un parcours à ne pas oublier ».

Demandez aux élèves de noter les pertes physiques ou culturelles subies par les élèves lors de leur passage dans les pensionnats. Il peut s’agir de différents éléments : nourriture, médicaments, vêtements, séparation de leur famille ou interdiction de parler leur langue.

Demandez aux élèves de réfléchir à un moment où ils ont perdu quelque chose qui était important pour eux. Ils devront écrire un court texte sur cet épisode de leur vie.

Option 2: En classe, lisez Quand j’avais huit ans. Demandez aux élèves de décrire les différentes pertes subies par Olemaun lorsqu’elle est entrée au pensionnat.

Lorsque vous arrivez au chapitre où l’on coupe la tresse d’Olemaun, prenez un moment pour discuter de l’importance des cheveux dans la culture d’Olemaun. Soulignez les mots qu’emploie Olemaun pour décrire les cheveux. Demandez aux élèves comment ils se sentiraient si on leur enlevait quelque chose d’aussi important. Inscrivez les réponses des élèves au tableau. Créez une représentation visuelle de leurs réponses en suivant ces étapes avec eux :

  • Demandez aux élèves de confectionner une tresse avec des brins de laine ;
  • Les élèves devront ensuite tracer et dessiner une paire de ciseaux ouverts sur une grande feuille de papier ;
  • Agrafez la tresse sur la page, pour illustrer qu’elle est coupée par la paire de ciseaux ;
  • Dans l’espace restant, demandez aux élèves de dessiner de grosses larmes qui coulent. Les élèves devront inscrire un mot dans chaque larme afin de représenter ce qu’Olemaun ressent ou ce qu’elle a perdu ;
  • Une fois terminé, présentez les résultats sur une grande feuille de papier construction et invitez les élèves à regarder le travail de leurs camarades ;
  • Présentez ces œuvres dans l’école en expliquant l’histoire et l’importance des tresses coupées.

Expliquez à la classe que les élèves qui ont fréquenté les pensionnats ont vécu des pertes et des traumatismes à divers degrés. Ces pertes continuent de toucher les familles et les communautés, encore aujourd’hui.

Étape 2. Trouver des idées

Lisez l’article « Vers une vraie réconciliation » par Lisa Jane Smith, qui commence à la page 26 de Souvenons-nous des enfants.

Formez un cercle de parole avec les enfants. Vous pourriez suivre les protocoles propres aux communautés autochtones de votre région.

Si vous ou vos élèves ne connaissez pas le cercle de parole, lisez cet article tiré de First Nations Pedagogy (en anglais seulement).

Rappelez aux élèves les points principaux :

  • Faites circuler un objet de parole adéquat entre les membres du cercle.
  • Lorsque c’est à notre tour, il faut parler du fond du cœur.
  • Écoutez activement, en gardant votre esprit ouvert.

Dans le contexte du cercle, expliquez ce qu’est un symbole, soit l’idée qu’un objet peut représenter d’autres choses (par exemple, la couleur rouge symbolise l’amour). La coupe de cheveux peut être le symbole d’une perte et d’une douleur profonde vécue par les enfants autochtones des pensionnats. La réconciliation peut être une façon de soigner cette coupure ou d’y remédier.

À leur tour, les élèves répondront à la question suivante :

Que puis-je faire, moi, pour guérir cette coupure?
On fera le tour du cercle une fois, en faisant circuler l’objet de parole à travers le cercle pour la première question ; ainsi, chaque élève a la possibilité d’exprimer ses idées. Certains pourraient être tentés de passer leur tour, mais offrez-leur gentiment l’occasion de s’exprimer une fois que le premier tour sera complété.  

Une fois que chacun aura eu l’occasion de parler, reprenez le cercle avec la deuxième question :

Que pouvons-nous faire ensemble, les élèves de la classe, pour guérir cette coupure?
Pour le deuxième tour, invitez un élève à prendre la parole et à faire circuler l’objet de parole. Favorisez toujours un environnement propice à l’écoute des idées des autres. De ce cercle peuvent naître des idées intéressantes sur la façon de faire partie de cette réconciliation. Les suggestions des élèves pourraient bien vous étonner et vous donner une idée de ce qu’il est possible et approprié de faire pour votre classe. Vous pourriez également leur faire part de vos propres idées, pour les guider. Bon nombre d’entre eux ont déjà participé à des activités de réconciliation, comme la Journée du chandail orange, ou d’autres activités dans leur famille ou leur collectivité.

Étape 3. Pour une vraie réconciliation

Inviter un Aîné en classe

L’étape sans doute la plus importante vers la réconciliation repose sur l’établissement de liens positifs entre les non autochtones et les membres des communautés autochtones. C’est par nos relations que nous brisons les obstacles et apprenons à nous respecter mutuellement. Inviter un survivant des pensionnats ou un Aîné en classe pour parler de ses expériences est une démarche puissante et transformatrice pour la classe, mais également pour l’enseignant. Elle permet également de combattre les stéréotypes négatifs, puisque les élèves seront exposés à des êtres humains résilients et forts pour lesquels ils peuvent ressentir du respect et une « connexion ».

Si vous invitez un Aîné en classe, assurez-vous de suivre le protocole approprié. Des honoraires sont généralement versés et, dans la plupart des cas, un petit cadeau, souvent du tabac, doit être remis au moment de la demande. Faites participer les élèves à ce processus en leur expliquant l’importance du rituel et du protocole dans les cultures autochtones et effectuez les recherches nécessaires ensemble. Composez votre demande ou votre invitation en classe.

Demandez aux élèves de choisir une activité qui, selon eux, ferait avancer la réconciliation dans la classe ou dans la collectivité. Ils peuvent opter pour une idée exprimée dans le cercle de parole ou ils peuvent participer à l’une des activités ci-dessous.

L’activité devrait se terminer par une visite d’un Aîné ou d’un survivant. Par exemple, un Aîné pourrait purifier par la fumée le jardin de cœurs.


Activités possibles :
  • Créer les cœurs de Chaque enfant compte
    • Achetez des cœurs en bois pressé fin dans une boutique de bricolage et percez un trou près du sommet de chaque cœur. Demandez aux élèves de peindre leur cœur en orange. Une fois les cœurs secs, dites aux élèves d’écrire « Chaque enfant compte » d’un côté, et leur engagement envers la réconciliation de l’autre. Ils peuvent également dessiner une plume ou y coller une plume véritable. Faites passer un ruban par le trou.
    • Invitez les élèves de la classe à suggérer des idées quant à l’endroit où suspendre les cœurs : devant l’école, dans un parc, sur les arbres, ou à la maison. Les cœurs attirent les membres de la collectivité et les incitent à se souvenir des enfants qui ont fréquenté les pensionnats, de ceux qui ne sont jamais revenus et de ceux qui sont encore victimes de discrimination et du traumatisme intergénérationnel.
  • Lire le poème Ma petite valise de pensionnat de Marcel Pititkwe
    • Lancez une discussion sur le poème en demandant aux élèves ce qu’ils en comprennent et ce qu’ils ressentent.
    • Pour ce faire, faites une photocopie du poème et numérotez chaque phrase. Demandez aux élèves de lire le poème en cœur — certaines phrases sont lues par un élève et d’autres, par plusieurs. Essayez différents types de lecture pour en mesurer l’effet. Lorsque les élèves auront choisi la façon de déclamer ce poème, demandez-leur de le présenter lors d’une assemblée scolaire. Les élèves rédigeront également un court paragraphe pour expliquer de quoi parle le poème et choisiront un porte-parole pour lire cette introduction avant la récitation du poème.
  • Participez au concours Imaginez le Canada du Centre national pour la vérité et la réconciliation
    • Imaginez le Canada invite les élèves de la maternelle à la 12e année (CÉGEP au Québec) à formuler ou à présenter une vision d’un Canada réconcilié. Il y a deux volets à ce concours :
      • Les jeunes de la maternelle à la 5e année peuvent soumettre une œuvre d’art, un texte ou une autre représentation pour illustrer leur vison d’un Canada réconcilié et ce qu’ils espèrent que les autres retireront de leur présentation.
      • Les jeunes participants de la 6e à la 12e année et du CÉGEP peuvent aller plus loin et soumettre un plan sur la façon dont leur projet vise la réconciliation dans leur collectivité ou leur école. Les projets retenus bénéficieront d’une petite subvention pour aider les jeunes à les concrétiser.
      • Visitez le site Web du CNVR pour connaître les lignes directrices et les dates d’échéance du concours.

Autres suggestions :
  • Créez un jardin de cœurs (voir les instructions sur le site de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, disponible seulement en anglais). Participez à Journée Ayez un cœur tous les ans, en février ;
  • Cultivez un jardin de plantes médicinales sacrées avec l’aide d’un Aîné ;
  • Participez au Project of Heart ;
  • Organisez un exercice de couverture scolaire ou communautaire par le truchement de Kairos Canada pour en apprendre davantage sur l’histoire des traités et de l’utilisation du territoire au Canada ;
  • Organisez une soirée pour présenter le film Spirit Bear and Children Make History. Versez les profits de la soirée à une initiative ou un organisme de bienfaisance autochtone de votre collectivité ;
  • Découvrez le principe de Jordan. Participez à la Journée de l’ourson témoin le 10 mai ;
  • Invitez les élèves à composer une affiche ou une courte vidéo intitulée « Qu’est-ce que la réconciliation? » Elle pourrait faire partie d’un module sur la connaissance des médias ;
  • Découvrez les 94 appels à l’action. La Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations en a créé une version pour les enfants. Demandez à chaque élève de choisir un appel à l’action et de faire des recherches à ce sujet. Ils devront également écrire une lettre à une personne concernée pour lui demander un suivi des progrès réalisés.
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