Avant-propos

Nous espérons que ce numéro spécial contribuera à transformer la façon dont les Canadiens comprennent les Traités, afin que nous puissions tous travailler main dans la main de manière à respecter l’esprit et l’intention des Traités qui, rappelons-le, ont été conclus de nation à nation.

Écrit par Loretta Ross, Commissaire, Commission des relations découlant des Traités du Manitoba

29 avril 2018

Ce numéro spécial du magazine Histoire Canada est une occasion unique de présenter aux lecteurs et lectrices un point de vue sur les Traités qui va bien au-delà de ce que l’on a appris à l’école.

Pendant trop longtemps, les connaissances des Canadiens sur les Traités avec les Premières Nations reposaient sur la seule et unique interprétation d’intervenants non autochtones. Ce numéro spécial vise à brosser un tableau plus équilibré des Traités et des relations qui en découlent.

Nos collaborateurs invités nous aident à dégager une compréhension plus riche et plus nuancée des Traités et des relations auxquelles ils ont donné lieu en expliquant leur contexte historique; ce qui englobe les histoires, les lois, les langues et les façons de vivre des Premières Nations. Ils abordent également les difficultés d’interpréter les Traités alors que les Premières Nations remettent en question les trames narratives historiques non autochtones qui dominent l’esprit des Canadiens depuis si longtemps.

Karine Duhamel avance qu’il faut redécouvrir l’esprit et l’intention véritables des Traités, ce qui comprend les récits et histoires des Premières Nations les entourant. Ces histoires renferment la clé qui ouvrira la porte vers une nouvelle entente entre les parties.

Les auteurs Douglas Brown et William Wicken se penchent sur les difficultés d’interpréter les Traités entre les Premières Nations et la Couronne. En effet, les langues et lois des Premières Nations décrivent des concepts qui sont incompatibles avec les lois et les langues canadiennes, et dont certains n’ont même aucun équivalent.

Philip Cote et Nathan Tidridge ont revisité ensemble le Traité de Niagara de 1764 et décrivent sa redécouverte, par des Non-Autochtones, en tant que moment marquant des négociations entre les Premières Nations et les Européens. Ils laissent entendre que ce Traité pourrait être aux fondements mêmes des relations qui ont donné lieu à la création du Canada.

Cynthia Bird réfléchit à l’importance historique des Traités numérotés. Ils étaient employés par les Premières Nations et la Couronne comme outils politiques pour atteindre leurs objectifs respectifs. Pour les Premières Nations, ces Traités étaient une façon de solidifier une relation pacifique avec la Couronne et d’établir le cadre d’une coexistence respectueuse pour les deux parties.

Aimée Craft examine la compréhension des Traités par les Premières Nations, qui y voient un lien avec la terre et une entente pour partager le territoire. Évidemment, cette vision va à l’encontre des systèmes juridiques non autochtones, qui reposent traditionnellement sur les concepts de possession et de propriété. Mme Craft affirme que l’interprétation des Traités doit tenir compte des systèmes juridiques et des lois autochtones.

Peter Di Gangi, pour sa part, s’intéresse au dossier encore non résolu des Algonquins et de la région de la vallée de l’Outaouais. Même si les territoires traditionnels des Premières Nations ont toujours englobé cette région particulière, cette réalité n’a jamais été reconnue par un Traité de partage de terre. Ce problème reste encore aujourd’hui sans issue.

Guuduniia LaBoucan se penche sur l’histoire des Traités de la Colombie-Britannique. Le Traité Nisga’a de 1998 est le premier Traité moderne signé en Colombie-Britannique en près d’un siècle. L’histoire des négociations en Colombie- Britannique montre bien l’écart qui sépare la Couronne et les Premières Nations en ce qui a trait à la notion de cession ou de vente des terres.

Jaime Battiste s’inspire de ses expériences dans le cadre de son travail avec les Micmacs et sur l’éducation relative aux Traités afin d’illustrer la pertinence de l’histoire des Micmacs en Nouvelle-Écosse. Il parle de l’importance de collaborer et de traiter les autres comme des alliés potentiels pour pouvoir aller de l’avant.

Nous espérons que ce numéro spécial contribuera à transformer la façon dont les Canadiens comprennent les Traités, afin que nous puissions tous travailler main dans la main de manière à respecter l’esprit et l’intention des Traités qui, rappelons-le, ont été conclus de nation à nation.

Ce numéro spécial ne sera certainement pas le dernier mot sur les Traités, mais plutôt la première parole d’un dialogue essentiel qui tient compte des perspectives des deux parties de ces Traités. Pendant trop longtemps, de nombreux Non- Autochtones canadiens ont mal compris le rôle crucial des Traités dans la création du Canada et ignorent comment cette relation se poursuit encore aujourd’hui.

Alors que les toutes les parties de ces Traités vont de l’avant, il faut trouver de nouvelles façons de travailler ensemble. C’est une responsabilité qui incombe aux Premières Nations et au reste du Canada.

La compréhension des diverses perspectives autochtones sur les relations issues des Traités repose sur la volonté d’écouter et, souhaitons-le, d’entreprendre des discussions parfois difficiles, mais stimulantes.

Enseignants et parents-éducateurs!

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Deux versions : 2e à 7e année (sec.1) & 7e à 12e année (sec.1 à cégep).

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